Se prendre en main
Les femmes atteintes d'endométriose sont souvent négligées ou se font dire que leur douleur se trouve uniquement dans la tête. Elles doivent endurer des diagnostics erronés et des traitements inappropriés contre des maladies dont elle ne sont pas atteintes. Pour les femmes, la meilleure démarche consiste à jouer un rôle actif dans ses soins de santé et à se renseigner de façon continue. Un manque de connaissances ou de compréhension risque d'aggraver la douleur et l'angoisse. L'éducation des patientes est une partie cruciale des soins de santé et mérite d'en être la première priorité.
Les femmes sont plus susceptibles de répondre aux traitements si elles abordent la question de façon assurée, qu'elles communiquent bien avec leur médecin et qu'elles se renseignent sur la maladie.
Faire face à la douleur
Les façons de combattre la douleur sont multiples. Bien qu'il n'existe aucune solution miracle, les femmes peuvent prendre quelques mesures pour mieux faire face à la douleur.
Exercice
Pour soulager la douleur, la Dre Kay Lie, gynécologue au Sunnybrook and Women's College, recommande les exercices de type méditatif comme le tai chi ou le yoga. De plus, quelques études révèlent qu'un programme régulier de course à pied, de cyclisme, de natation ou d'une autre activité d'aérobie, lorsque possible, pourrait aider à atténuer les douleurs menstruelles. Certains médecins recommandent des exercices hebdomadaires réguliers lorsque la femme en est capable, mais des recherches plus poussées sont nécessaires pour connaître l'efficacité réelle d'une telle démarche.
Alimentation
Toutes les femmes devraient maintenir une alimentation saine telle que décrite dans le Guide alimentaire canadien. Les femmes atteintes d'endométriose doivent également déterminer quel genre d'alimentation leur convient le plus. Certains médecins et diététistes recommandent la minimisation ou l'élimination de la viande rouge parce que les dioxines environnementales et les PCB sont souvent stockés dans les graisses animales. Il peut également être utile de réduire sa consommation de produits laitiers car ces derniers accroissent la production de prostaglandines, lesquelles peuvent aggraver la douleur. Il importe, cependant, de s'assurer un apport adéquat en calcium et en protéine à partir d'autres sources.
Journal médical
Les femmes atteintes d'endométriose peuvent tenir un journal médical pour documenter leurs douleurs et autres symptômes. Le fait de reconnaître le moment où le symptôme se déclare, ainsi que sa durée, sa sévérité et sa nature précise aidera à dégager des schémas ou cycles. Cela aidera les femmes à mieux se prendre en charge parce qu'elles seront en mesure de prévoir les moments où elles seront susceptibles d'éprouver des douleurs et de préparer des stratégies d'adaptation. Le journal constituera également un bon point de départ pour leurs discussions avec leur médecin.
Faire face à ses émotions
Se joindre à un groupe de soutien pour les femmes atteintes d'endométriose est une bonne idée pour plusieurs raisons. Selon nombre d'études, les femmes qui partagent leurs sentiments et qui apprennent des stratégies de maîtrise de la douleur se sentent moins déprimées, éprouvent moins de douleurs et maintiennent une attitude plus positive que les femmes qui reçoivent un traitement médical seulement. L'appartenance à un réseau de soutien permet également de faire reconnaître ses émotions et d'augmenter son estime de soi.
Que faire lorsque les rapports sexuels sont douloureux?
Malheureusement, la survenue de douleurs lors des rapports sexuels est caractéristique de l'endométriose chez environ 59 pour cent des femmes touchées. On peut atténuer ce symptôme en planifiant les relations sexuelles de sorte qu'elles aient lieu à des moments moins douloureux du cycle menstruel. Le fait de tenir un journal médical peut aider la femme et son partenaire à prévoir des moments d'intimité. Certaines femmes trouvent que la période entre la fin de ses règles et le début de l'ovulation convient bien. Mais chaque femme doit déterminer les meilleurs moments, ainsi que les pires, pour elle-même.
Peut-être serait-il également intéressant d'expérimenter une variété de positions sexuelles. Puisque la pénétration profonde constitue la source la plus fréquente de douleurs, des positions impliquant le moins de pénétration possible devraient être envisagées. Les couples pourraient expérimenter la position cuillère, où les deux partenaires s'allongent côte à côte, ou bien la femme pourrait être sur le dessus. L'usage d'un lubrifiant vaginal pourrait également procurer un soulagement, notamment dans les cas de sécheresse vaginale. De plus, il existe de nombreuses façons de faire l'amour sans qu'il y ait pénétration vaginale. Les deux partenaires peuvent se stimuler mutuellement à l'aide des mains et de la bouche, par exemple.
Les couples devraient discuter de ces questions avec leur médecin afin de savoir quelles options leur conviennent.